Cascade de Toureng

Janvier 2011

8h30, nous voilà au pied de cette cascade de Toureng à quelques encablures d’Orcières Merlette.
Cette année du fait du peu de neige et du froid persistant la glace s’en donne à cœur joie et tapisse toute la montagne sur 200 voir 300m de largeur. D’où vient toute cette eau ? Mystère. En tous cas de petits ruisseaux parviennent à former des cascades de glace impressionnantes de volume.
Vue d’en bas notre voie ne paraît trop raide. Quoique… vu d’en bas, on ne voit pas tout.
Trois cordées se forment : Claude, notre guide, avec Thierry, Stéphane avec Pierrot et Bruno avec Jm.
Le guide attaque à droite dans du pas trop raide, Stéphane le suit. Démarrage en douceur pour ces deux cordées.
Pour pimenter ce départ certainement trop cool mon premier de cordée part à gauche dans du plus raide, certes pour éviter les projections de glace provoquées par nos amis partis avant nous.
Pour parfaire mon échauffement, je suppose, Bruno perd une broche à glace qui dévale une vingtaine de mètres sous moi. Il grimpe jusqu’au relais et une fois qu’il est assuré je me décorde et redescend chercher la maudite broche. Enfin je démarre la première longueur, la passe à peu près correctement en m’appliquant à ne pas trop tirer sur les bras. La cascade sera longue. ( 5 longueurs d’environ 50m )
Avec ces atermoiements dus à la broche, Claude et Stéphane ont progressé plus rapidement que nous et ce n’est pas terminé.
Deuxième longueur et nouvelle galère !
Bruno grimpe rapidement et avant de m’assurer, rappelle la corde, lorsque survient le deuxième incident : elle se coince 10 m en dessous de moi. Racine d’arbre, morceau de glace, je ne sais pas, je ne la vois pas au pied du mur et là je ne redescendrai pas, c’est raide ! Obligé de me décorder pour pouvoir tirer le brin coincé.
Le problème est de me réencorder car Bruno tire sec pour m’assurer, pensant que j’ai commencé mon escalade. Pas moyen de faire le nœud sur le baudrier, pas assez de mou. Je tire, je crie, il ne m’entend pas. Je m’énerve et finis par trouver le moyen de faire ce satané nœud. Ouf ! mais que d’énergie dépensée pour si peu de choses !
Heureusement l’escalade se passe bien, la troisième longueur est plus tranquille sur une pente type « randonnée ». Sauf qu’elle est fermée par un mur de 10 à 15m de haut, carrément vertical !

Avant de s’attaquer à ce mur les cordées de Claude et Stéphane nous ont attendu 3/4h afin de ne pas nous bombarder avec  tous les blocs de glace qui vont inévitablement partir.
C’est tellement raide que le guide décide de ne plus faire que 2 cordées. Steph. rejoint Thierry et Pierrot se joint à nous.
Claude se lance et moi je me décompose de plus en plus en voyant mes camarades plus expérimentés stopper leur escalade, se détendre, récupérer. Là, je suis mal et me demande à plusieurs reprises ce que je fais ici.
En plus en passant en dernier il faut récupérer tout le matériel d’assurage posé par les premiers. Misère ! Je ne vais jamais y arriver…
Heureusement Pierrot, grand seigneur,  retire à ma place toutes les broches et me permet de  concentrer toute mon énergie sur l’escalade. Et surprise, ce morceau tant redouté est passé, en soufflant certes, mais sans déboire. La corde bien tendue, le matériel, piolets et crampons qui accrochent d’une façon impressionnante m’ont permis de suivre mes camarades tant bien que mal.
A la sortie du mur quel soulagement, le dur est fini.  Bruno est assis sur une souche en haut d’une dernière pente facile.
Première vraie ascension d’une cascade ! Ca s’arrose ! Sauf que n’avons rien avec nous….
Descente magnifique par le chemin totalement verglacé, impossible à parcourir sans crampons.
Retour au pied des cascades, casse croûte rapide et avec ces mordus il ne faut pas croire que tout est terminé.
Claude  a repéré un cirque où il est possible de mettre des cordes en moulinette sur des longueurs bien raides d’une vingtaine de mètres.
Et c’est reparti. Stéphane va nous démontrer tous ses talents en grimpant dans… une grotte !!!
Bruno se fait plaisir en navigant avec aisance au milieu des stalactites.
J’épuise l’énergie qui me reste sur deux montées au cours desquelles j’apprécie à nouveau les performances que permet ce type de matériel.
La fin d’après midi approche, la lumière baisse, il est 18h passé, il faut trier et ranger l’imposant matériel. Un petit tour au bar (sympa) de Pont du Fossé et retour à Grenoble à 21h.
Longue et belle journée de découverte de l’escalade, en plusieurs longueurs, de cascade de glace. A refaire, mais….pas plus dur !!!

JmT

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2 réflexions sur “ Cascade de Toureng ”

  1. Bravo Jean-Marie pour ce premier article sur le nouveau site du CMEV.

    Bravo aussi pour ton récit poignant. On y est et on souffre avec toi… ;(
    Y a-t-il quelques photos de l’exploit ?

    Tu m’impressionnes !
    Sabine

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